Olga & Nicolas, artisans du cuir à Lyon
Les Ateliers sont un espace de vie et de savoir-faire, où les objets anciens, le cuir patiné et les matières brutes reprennent sens et usage. Chaque pièce y est choisie ou façonnée avec attention, dans une quête de durabilité, d’authenticité et d’émotion partagée.
Les ateliers à Ainay, au cœur de Lyon
L’âme du cuir, le charme du chiné
Au cœur du quartier d’Ainay, à Lyon, Les Ateliers ne ressemblent à aucun autre lieu.
Atelier de réparation et de création, boutique d’artisans et brocante, repère de pièces anciennes choisies avec soin : cette adresse discrète située rue des Remparts-d’Ainay est un espace vivant, à la croisée de plusieurs savoir-faire.
L’espace, chaleureux et patiné, est traversé par la lumière, les odeurs de cuir, les matières nobles. On y travaille lentement, à la main, sans artifice.
Chaque intervention vise à prolonger l’usage, honorer les matières, rechercher l’équilibre entre la fonctionnalité et la beauté.
Deux artisans, deux visions complémentaires
L’origine du projet c’est l’histoire d’une rencontre : celle entre Nicolas Mazard et Olga Azocar. Elle, ancienne enseignante passionnée par le travail du cuir et la chine ; lui, cordonnier qui aime redonner vie à des chaussures même si elles ont l’air d’avoir fait leur temps. De leur complémentarité sont nés Les Ateliers.

Du professorat à l’artisanat : le parcours d’Olga
Ancienne institutrice, Olga Azocar a quitté l’Éducation nationale après quinze ans de métier pour revenir à ses premières passions : travailler de ses mains, bricoler, coudre, restaurer, observer.
Elle chine des objets avec exigence, les restaure sans les dénaturer, les met en scène dans l’espace avec une sensibilité très personnelle. Meubles d’ateliers, pièces cabossées, vaisselle ancienne, miroirs, objets usés mais expressifs : elle aime ce qui a vécu et ce qui continue à raconter.
Dans un coin de son atelier-boutique, elle met de côté des moules à gâteaux qu’elle transformera bientôt en luminaires. Sur son établi, des sacs et des morceaux de cuir attendent d’être réparés ou réinventés. Elle travaille avec minutie, dans une forme de poésie visuelle.
« J’aime impulser un brin de philosophie dans nos quotidiens et jouer avec le concept de polyphonie dissonante, comme créer des liens entre des bois patinés et la lumière d’un cristal, par exemple. Je cherche l’équilibre dans l’imparfait, la justesse dans ce qui échappe à l’attendu. Mon prochain rêve est assumé : un projet d’agencement d’une boulangerie ! »

Nicolas : un cordonnier à l’écoute de chaque histoire
Nicolas Mazard est cordonnier depuis près de trente ans. Profondément attaché à son métier, il ne le pratique pas comme une tradition figée mais comme un terrain d’expérimentation. Il cherche, ajuste, transforme. Sa pratique évolue constamment, au contact des objets qu’il reçoit et des personnes qui les apportent. Il adapte les techniques, les détourne, innove sans cesse pour répondre aux besoins réels de ses clients.
Il va jusqu’à personnaliser certaines pièces, raconte à travers elles des histoires. Il voit la personne derrière la paire de chaussures, ce qu’elle a traversé et ce qu’elle continuera de vivre après sa réparation.
Derrière sa phrase simple – je suis cordonnier, et je fais mon métier – se cache une exigence forte, une recherche constante de justesse, une grande liberté de création.
« Au quotidien, je gère beaucoup d’inquiétudes. Face aux interrogations des clients sur la possible réparation d’une paire de chaussures (budget, faisabilité technique, délai, qualité du rendu…), j’aime bien dire que « je prends le stress de la godasse ! Et j’en suis largement récompensé lorsque je vois le réconfort et la satisfaction à leur retour. »
Artisans du cuir à Lyon
Justesse et sincérité : être vrais dans ce qu’on dit et ce que l’on fait.
À une époque marquée par la consommation rapide et la standardisation des objets, Les Ateliers tracent un chemin de sincérité. On y défend une approche artisanale fondée sur la qualité, le respect de la matière et la transmission des savoir-faire.
Rien n’est figé, tout peut être transformé sans être trahi. Ici, pas d’obsession de la nouveauté, pas de production superflue. Le lieu défend le travail bien fait, la valeur de l’objet prolongé, la relation de confiance entre l’artisan et celui ou celle qui lui confie un bien.
Les Ateliers vendent peu, mais vendent juste. Ce qui est proposé est utilisé au quotidien, aimé sincèrement, choisi pour sa durabilité, sa beauté, son utilité. Rien n’est là pour remplir. Tout est là pour durer.
Cette sincérité est assumée pleinement, quitte à ne pas vendre. Le but n’est pas de séduire. Il est de faire juste. De faire beau. De faire tenir.
“Nous voulions créer un lieu qui nous ressemble. Ni une boutique classique, ni un simple atelier : un entre-deux qui n’intimide pas, mais qui donne envie d’entrer et surtout qui rassure.”
Olga et Nicolas





